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Πέμπτη, 26 Οκτωβρίου 2017

Η Liberation και η «δημοκρατία» του ΣΚΑΪ

Αυτό που δεν έκαναν οι ελληνικές εφημερίδες (εμείς) το έκανε η Liberation... Η γαλλική εφημερίδα συνάντησε τις απεργούς πείνας για τον ΕΔΟΕΑΠ στην είσοδο της ΕΣΗΕΑ, προβάλλοντας, μέσα από τις δηλώσεις τους, το πρόβλημα που οδήγησε στη 48ωρη απεργία των δημοσιογράφων...
Οι Γάλλοι δεν θα πάψουν ποτέ να είναι ευαίσθητοι σε θέματα που σχετίζονται με την ποιότητα της Δημοκρατίας, γιατί αυτό αποτελεί βασικό συστατικό της παιδείας και της κουλτούρας τους.
Εμείς, απλά έχουμε τη "δημοκρατία" του ΣΚΑΪ...
(από το fb του Κ. Ντελέζου)
Ακολουθεί το ρεπορτάζ της Liberation:
 En Grèce, les journalistes en grève générale contre l’austérité
Par Fabien Perrier, correspondant à Athènes — 25 octobre 2017
Drapeau grec au dessus de l'Académie d'Athènes, en juin 2015. Photo Petros Giannakouris. AP
La profession fait bloc derrière trois journalistes en grève de la faim pour protester contre le démantèlement de leurs caisses de retraite et de santé.


En Grèce, depuis mardi et jusqu’à jeudi, aucun journal n’est en kiosque. Et côté radio et petit écran, l’information est en vacances d’antenne. Seule une des plus importantes chaînes privées, Skaï, s’est distinguée en diffusant ses programmes, comme à l’accoutumée. Toute la profession est derrière Georgia Kontrarou, Marina Vichou et Afroditi Ypsilanti. Trois femmes journalistes, retraitées, en grève de la faim depuis le 11 octobre.

«C’est notre ultime combat pour sensibiliser l’opinion !», s’exclame Marina Vichou, le visage marqué par la fatigue, mais en colère. Elle poursuit : «Nous tirons la sonnette d’alarme depuis longtemps. Les caisses de notre mutuelle de retraite et de santé ont été vidées. Certaines pathologies graves ne sont plus remboursées et les dettes de la caisse envers certains centres de soin sont telles qu’ils ne veulent même plus soigner les journalistes !» Georgia Kontrarou ajoute : «Le gouvernement n’a jamais versé un centime dans la caisse. C’est grâce à nos seules cotisations et à une taxe sur les publicités que la caisse fonctionnait. Pourtant, il a modifié la loi sans la remplacer, et maintenant, il n’y a plus d’argent dans les caisses.» En effet, en signant l’accord de juillet 2015, le gouvernement d’Alexis Tsipras portait un coup fatal aux caisses des retraites sous la pression des créanciers (la troïka formée par l’UE, la BCE et le FMI). Depuis le début de la crise, les retraités ont pourtant déjà payé un lourd tribut à l’austérité imposée : d’une part, avec les baisses des retraites, de 40% en moyenne ; de l’autre, avec la restructuration de la dette (PSI), en juillet 2012, qui a essentiellement frappé les caisses de retraites et fait chuter d’un coup leurs réserves cumulées au fil des années et des cotisations.

Les journalistes n’ont pas été épargnés : en 2012, les réserves de leur caisse s’effondrent ; en 2015, ils doivent dire adieu aux revenus de la taxe sur la publicité, considérée comme une taxation indirecte par les créanciers. Et en 2016, quand les créanciers imposent de regrouper les caisses de retraites, rien n’a été prévu pour eux. Aujourd’hui, 17 000 salariés de la branche se retrouvent donc avec une caisse retraite et maladie sans le sou. Et ce, alors même qu’ils subissent un chômage massif (50%), une précarité rampante et ne sont souvent pas payés depuis des mois.

«Depuis un an, les ministres disent négocier avec la troïka. Mais cette dernière a toujours de nouvelles demandes», déclare Marina Vichou dont la retraite a déjà baissé d’environ 40% pour atteindre, aujourd’hui, 780 euros de retraite principale et 250 euros de complémentaire. En rentrant dans la caisse unifiée, ils risquent de perdre encore plus… malgré des années de cotisation. Alors, elle et ses deux collègues ont planté deux tentes devant le siège du syndicat des journalistes, sur l’avenue Akademias en plein cœur d’Athènes et campent là, jour et nuit, pour faire pression sur le gouvernement. Les journalistes ont déclenché une grève de 48 heures, la quatrième en un an. Tous craignent d’être privés de sécu et de retraites. Et en veulent de plus en plus au gouvernement.